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COMMUNIQUE DE PRESSE -  Pour s’adapter aux effets du changement climatique,  les prochains

COMMUNIQUE DE PRESSE - Pour s’adapter aux effets du changement climatique, les prochains "Etats Généraux de l’Eau en Montagne" se tiendront les 22, 23 et 24 septembre 2010 à Megève (Haute-Savoie)

Conférence de presse - 1er juillet 2010 - Paris

Publié : Juillet 2010

"Une nouvelle gouvernance de l’eau en montagne s’impose pour faire face aux effets du changement climatique !"

Avec la diminution de l’enneigement et la fonte des glaciers, les régimes hydrauliques de tous les grands fleuves européens, venant des montagnes, sont en train de se modifier :

En moyenne on observerait d’ici 2100 en plaine une augmentation de + 20% des débits en hiver, mais une réduction de -17% au printemps et jusqu’à – 55% des débits en été !

En effet, tous les grands fleuves européens, Ebre, Rhône, Pô, Rhin, Danube, Vistule…et leurs principaux affluents prennent leur source en montagne et ont un régime principalement nivo-glaciaire, caractérisé par :

- des précipitations sous forme de neige pendant la période froide, permettant une limitation naturelle des écoulements et donc des inondations en automne et en hiver,

- par un déstockage pendant la période chaude, avec la fonte des neiges et des glaciers, permettant d’alimenter les étiages estivaux, principalement en aval, dans les grandes plaines européennes.

Les montagnes apportent aujourd’hui une contribution essentielle aux débits de tous ces grands fleuves européens, de 34% du débit annuel total du Rhin, 41% de celui du Rhône jusqu’à 53% du débit du Pô, soit en moyenne de 2 à 6 fois plus que leur surface relative par rapport à celle de chacun des bassins.

Ainsi par exemple, même si seulement 11 % du bassin du Rhin se trouve dans les Alpes, celles–ci assurent donc 34 % du débit annuel, mais surtout plus de 50 % du débit en été, lorsque l’eau est particulièrement demandée notamment par les agriculteurs irrigants et que les précipitations sont faibles.

Mais, les montagnes sont d’ores et déjà parmi les premières victimes du changement climatique !

La température moyenne des Alpes a augmenté en un siècle de plus du double du réchauffement terrestre global, soit de + 1,5°C à 2,0°C alors que celle de la Terre s’est élevée en moyenne de +0,74 à + 0, 81 °C et celle de l’Europe de +1,2°C. 

Les modèles projettent une augmentation de température dans les Alpes d’ici à 2100 comprise entre + 2,6 et + 3,9°C. Le réchauffement pourrait être significativement plus élevé en haute montagne pour atteindre + 4,2°C au dessus de 1.500 mètres.

Or, les glaciers alpins, qui ont déjà perdu entre 20 et 30% de leur volume depuis 1980, pourraient encore régresser de 30 à 70% de leur volume d’ici à 2050 ; quasiment tous les plus petits d’entre eux auraient alors disparus !

Les glaciers des Pyrénées ont perdu 80% de leur surface depuis 1850 et ceux des Alpes 40% en moyenne. Les langues glaciaires remontent en altitude de 60 à 140 mètres pour seulement une augmentation de + 1°C de température.

Si le total annuel des précipitations ne devrait pas varier beaucoup, par contre leur répartition saisonnière sera fortement modifiée, avec une augmentation en hiver et au printemps, (les précipitations tombant alors de plus en plus sous forme de pluie plutôt que de neige), et une forte diminution de ces précipitations en été.

Les débits des grands fleuves européens de régime nivo-glaciaire seront sensiblement modifiés : en moyenne on observerait d’ici 2100 une augmentation de + 20% des débits en hiver, mais une réduction de -17% au printemps et jusqu’à – 55% des débits en été, surtout au Centre et au Sud des Alpes. Le niveau des aquifères pourrait aussi baisser de - 25% dans les Alpes du Sud. 

La fréquence et l’intensité des inondations en automne, hiver et printemps, ainsi que des sécheresses estivales vont singulièrement augmenter.

Les autres conséquences du changement climatique en montagne seront une forte érosion, des glissements de terrains, entrainant de gros charriages de sédiments, une dégradation de la qualité des rivières et une augmentation de la température de l’eau.

La production hydroélectrique, pourrait se trouver réduite de – 15% ; le refroidissement des centrales thermiques et nucléaires en piémont et en plaine sera plus difficile ; la navigation fluviale devra s’adapter à de moindres tirants d’eau…

La compétition entre les usages de l’eau se fera plus vive, notamment avec la généralisation de la production de neige de culture, qui deviendra indispensable aux 666 stations de ski alpines actuelles pour assurer une saison d’hiver convenable. 

Il est indispensable d’identifier très rapidement ces changements et leurs conséquences, bassin par bassin, et d’initier d’ores et déjà les programmes d’actions nécessaires pour s’adapter en amont, comme dans les plaines en aval, en temps utile.

LES MONTAGNES JOUENT UN ROLE STRATEGIQUE DANS LA GESTION DE L’EAU :

Plusieurs Etats – Membres de l’Union Européenne élaborent d’ores et déjà des Stratégies Nationales d’Adaptation ; dès 2011, un Centre Européen d’Information sur les effets du Changement Climatique devrait voir le jour et la Commission européenne proposera en 2013 une Stratégie Commune, dont les mesures sur l’eau devront être intégrées dans les prochains Plans de Gestion et Programmes de Mesures 2015 – 2021 de la Directive – Cadre sur l’Eau (DCE)….

Il est d’ores et déjà clair que le coût collectif de l’inaction serait considérable et qu’il faut réagir au plus vite pour s’adapter avant qu’il ne soit trop tard !

« Les prochains Etats Généraux de l’Eau en Montagne », qui se tiendront les 22, 23 et 24 septembre 2010, à Megève (Haute-Savoie), ont pour ambition d’appeler l’attention sur la nécessité d’anticiper les conséquences sur les cycles hydrologiques du changement climatique dans les montagnes européennes et de proposer des mesures d’adaptation indispensables. 

Ce 3ème Congrès International de Megève accueillera conjointement :

  • des ateliers autour de « pratiques concrètes de gestion intégrée des hauts bassins versants », afin de confronter les résultats des actions engagées sur le terrain et tirer le bilan des projets de recherche européens en cours,
  • la Conférence « EURO-RIOB 2010 », sur les mesures d’adaptation aux effets du changement climatique à introduire dans les futurs Programmes d’application 2015 – 2021 de la Directive – Cadre européenne sur l’Eau.
  • Une rencontre des Elus de montagne avec la « Convention Alpine », sur le rôle des territoires de montagne face au changement climatique

LES MONTAGNES DOIVENT RESTER LES CHATEAUX D’EAU DE L’EUROPE !